Affichage des articles dans Communiqués de presse

La presse s’est fait l’écho l’été dernier des activités d’un collège d’enseignement de philosophie et spiritualité celtique dit Nemet Ana sur la commune de Plouhinec (Finistère) et sous la direction de M. Pierre Yves Secrétin alias le druide Kano. Ont été ainsi rapportées l’organisation « d’ateliers de découverte des énergies de la terre » à la Pointe du Souc’h et la remise en état d’une fontaine « sacrée » à Kereval.

 

La publication quasi in extenso dans le bulletin municipal de Plouhinec cette semaine d’un article de presse paru l’été dernier amène la Gorsedd, Fraternité des Druides, Bardes et Ovates de Bretagne, fondée en 1899 sous le patronage de l’Archi druide de Galles à préciser sa position afin d’éclaircir ce qui lui apparaît comme plus que de simples ambiguïtés.

 

Si la remise en état d’une fontaine est un acte salutaire et méritoire, il est loisible toutefois de s’étonner sur les motivations profondes des aménageurs complaisamment relayées par le bulletin municipal. Il s’agit selon ce média non seulement de promouvoir le site en « lieu de pèlerinage », mais encore de changer la disposition des lieux pour se conformer aux projections mentales de Monsieur Pierre Yves Secrétin, au demeurant jamais cité dans le corps de l’article par son nom à l’Etat Civil (!). Subsidiairement ce nouveau druide municipal (?) souhaite créer sur la commune « un circuit des fontaines sacrées » (sic).

 

Cette affaire soulève au moins deux interrogations :

  • La municipalité de Plouhinec est-elle en droit de modifier ainsi l’écoulement des eaux d’une fontaine? Il serait intéressant de savoir ce qu’en pense l’Office National des Eaux et Milieux Aquatiques (ONEMA ou police des eaux)?

  • Appartient-il à une collectivité territoriale de la République régie par le principe de laïcité de définir la notion de « sacré », d’établir des « lieux de pèlerinage » ? En somme il est ni plus ni moins proposé que de reconnaître comme vérité d’Evangile, druidique pour l’occasion, les rituels baroques et les affirmations personnelles de Monsieur Pierre Yves Secrétin. A quand un nouveau Lourdes à Plouhinec?

 

Le même questionnement vient à l’esprit concernant la Pointe du Souc’h, site important par ses découvertes archéologiques.

  • Alors que le budget municipal a prévu la réalisation d’un centre d’interprétation basé sur les analyses scientifiques de MM Le Goffic et Monnier, respectivement archéologue départemental et directeur de recherche au CNRS, Monsieur le Maire aurait-il choisi maintenant d’assurer la promotion du site à travers les visions intimes de M. Pierre Yves Secrétin, avant tout soucieux de la promotion de son propre ego ? Rappelons en effet qu’il n’y a aucun lien entre les monuments de la Pointe du Souc’h et les druides, séparés par plusieurs millénaires.

  • Est-il alors envisagé de transformer la Pointe du Souc’h en succédané touristique du Parc Astérix malgré les dépenses déjà engagées par le contribuable plouhinécois? Monsieur le Maire, ayant visiblement élu son Panoramix municipal, aurait-il maintenant opté pour le rôle d’Abraracourcix ?

 

La Gorsedd de Bretagne est une société de pensée non dogmatique plus que centenaire ; elle considère le druidisme non pas comme une religion mais comme une philosophie humaniste. Elle assure et respecte la liberté de conscience de ses membres comme de tout être humain et ne saurait donc être confondue avec ceux, qui tel le Collège Nemet Ana, ont entrepris d’envahir la sphère publique de leurs élucubrations et de leurs certitudes métaphysiques.

 

Le 4 janvier 2011

Pour la Gorsedd  

Per Vari KERLOC’H

6ième Grand Druide de Bretagne

Non au nettoyage ethnique !

 

Le terme de communautarisme est fréquemment utilisé par certains milieux monopolisateurs de l’idée républicaine pour discréditer l’action de groupes culturels, religieux ou ethniques et empêcher la reconnaissance de leurs droits. Cette étiquette est notamment appliquée aux défenseurs de la langue et de la culture bretonnes.

L‘action de ces groupes humains même quand elle s’insère dans un combat démocratique, mettraient ainsi en péril l‘unité et l’indivisibilité de la République.

La Gorsedd de Bretagne, Fraternité des Druides, Bardes et Ovates de Bretagne, société de pensée humaniste, souhaite appeler l’attention sur une réalité crue face à ces fantasmes de salon à prétention philosophique.

En effet, force est de constater que la discrimination comme principe, émane plus concrètement de la cime de l’Etat Républicain. En effet cet échelon entend aujourd’hui opérer des distinctions entre les différents détenteurs de la nationalité française en totale contravention avec l’article Ier de la Constitution.

Plus grave encore : une opération sélective de répression et de stigmatisation est engagée par les dirigeants de la République française contre un groupe ethnique particulier, en l’occurrence les Roms, pourtant citoyens européens comme les Français.

Cette gradation sensible dans l’ignominie s’inscrit dans le sillage de l’atmosphère nauséabonde introduite par le débat sur l’identité nationale française.

La presse étrangère a déjà qualifié la politique du gouvernement français de nettoyage ethnique (« ethnic cleansing »).

La Gorsedd de Bretagne condamne la dérive sécuritaire aux relents racistes du gouvernement pour tenter de camoufler les affaires qui le rongent et l’échec flagrant d’une politique sociale et économique. Elle appelle à participer aux actions menées notamment par la Ligue des Droits de l’Homme le 4 septembre prochain.

La Gorsedd de Bretagne appelle à s’investir dans le débat des élections régionales.

Le débat sur l’identité nationale a été lancé à la seule initiative du gouvernement et mis en musique par un ministre symbole d’un positionnement idéologique confus qui rappelle malheureusement une période trouble de l’histoire par ses palinodies et sa soumission poltronne devant le principe d’autorité.

Ce débat a pour but, entre autre, d’occulter l’identité régionale et de détourner les citoyens de l’enjeu réel des élections régionales à venir : l’exercice concret d’une démocratie de proximité.

Ce débat révèle, au passage, l’impasse idéologique totale du modèle national français dont les symboles sont sifflés dans les stades ou brûlés dans les rues.

Ce modèle en crise fait l’objet d’affrontements très convenus entre deux camps qui se nourrissent de leurs gesticulations réciproques et finissent par se rejoindre sur le fond, notamment le refus d’accorder un statut aux langues régionales confirmé par le ministre en charge de cette basse besogne.

D’un côté, en effet, les xénophobes bons teints de la France éternelle, orphelins de leur parti fétiche, le Front National, viennent déverser dans le débat leur haine recuite de l’étranger, de l’immigré ; ils embouchent le clairon de la défense des valeurs traditionnelles et de la réaction.

De l’autre, les cabris bêlants de la France éternelle croient détenir la réponse miracle au problème posé en mettant en avant ce qu’ils appellent « les valeurs de la République ». Ils s’abstiennent remarquablement d’en faire l’inventaire historique alors que celles-ci ont couvert le colonialisme, le mépris des cultures dites indigènes ainsi que l’exclusion des femmes de la plénitude de leurs droits civiques jusqu’à la Libération.

Le gouvernement devra assumer la responsabilité de la poursuite de ce débat qui risque de s’achever dans la déliquescence complète, confirmant ainsi le caractère nauséabond de l’objectif affiché.

La Gorsedd, Fraternité des Druides Bardes et Ovates de Bretagne, société de pensée humaniste, renvoie dos à dos ceux qui régurgitent leur rejet de l’autre et ceux qui leur en ont fourni finalement la justification idéologique.

Elle appelle les citoyens et au premier plan les Bretons à se saisir d’un autre débat, celui des élections régionales, afin de faire progresser la démocratie de proximité.

Elle exhorte tous les démocrates bretons à participer massivement au scrutin et à définir ainsi la politique qu’ils veulent voir mener en Bretagne.